Une EURL ou une SASU vous donne le contrôle total et des leviers d'optimisation, au prix d'une vraie charge de gestion.

En une phrase : créer une EURL ou une SASU vous donne le contrôle total et des leviers d'optimisation, au prix d'une vraie charge de gestion et sans filet de sécurité. Le portage salarial vous laisse votre mission, votre client et votre liberté, mais transforme votre activité en salaire avec chômage, retraite du régime général et zéro paperasse. Le bon choix ne dépend pas d'un « meilleur statut » dans l'absolu, mais de ce que vous voulez vraiment : piloter une entreprise, ou exercer votre métier.
Vous êtes expert cloud, cybersécurité, DevSecOps, data ou IA. Vous savez sécuriser des systèmes que personne d'autre ne sait tenir. La question n'est donc pas votre valeur — elle est acquise. La question est : sous quel cadre voulez-vous facturer cette valeur, et qu'êtes-vous prêt à porter en échange ?
Ce guide compare les trois cadres que choisissent réellement les freelances confirmés à TJM élevé : l'EURL, la SASU et le portage salarial. Sans jargon, et sans cacher les cas où la société l'emporte.
Avant de comparer, posons ce que chacun est vraiment.
L'EURL est une société à associé unique (une SARL à un seul associé). Vous en êtes le gérant. Vous relevez du régime des travailleurs non-salariés (TNS, ex-RSI), avec des cotisations sociales de l'ordre de 45 % de votre rémunération nette — souvent plus légères que le salariat à revenu équivalent. En contrepartie, la protection sociale est plus mince, et vous portez l'intégralité de la gestion : comptabilité, déclarations, assemblée annuelle, fermeture le jour venu.
La SASU est une société par actions simplifiée à associé unique. Vous en êtes le président, et fiscalement vous êtes assimilé salarié : vous cotisez au régime général, comme un cadre, ce qui ouvre une retraite plus solide (régime général + Agirc-Arrco). Le revers : les charges sur le salaire sont lourdes, de l'ordre de 75 à 80 % du brut. L'attrait de la SASU tient surtout à la possibilité de se rémunérer en partie en dividendes (soumis à la flat tax de 30 %), mais cet avantage fond dès qu'on réintègre l'impôt sur les sociétés et qu'on arbitre honnêtement entre salaire et distribution.
Le portage salarial est un statut hybride encadré par le Code du travail (articles L1254-1 et suivants) et une convention collective de branche. Vous trouvez vos clients, vous négociez votre TJM, vous gardez votre façon de travailler — mais c'est une société de portage qui signe le contrat de prestation, encaisse, et vous reverse un vrai salaire après charges et frais de gestion. Vous êtes salarié au sens légal : bulletin de paie, contrat de travail, chômage, mutuelle, retraite du régime général. Aucune société à créer ni à fermer.
La règle à retenir : on ne compare pas trois statuts sur le seul « net du mois ». On les compare sur 6 à 12 mois, avec des hypothèses réalistes de jours facturés — et surtout sur le niveau de protection, souvent plus déterminant que quelques points de net immédiat.
Un expert des systèmes critiques ne vend pas du temps au kilo. Il vend une veille : la garantie qu'un système tienne, qu'une faille soit anticipée, qu'une donnée circule sans rompre. Ce métier exige une concentration que la gestion d'une société grignote, soir après soir.
C'est là que se joue le choix réel. Trois douleurs reviennent systématiquement chez les freelances confirmés :
La paperasse qui dévore les soirées. En EURL ou en SASU, vous êtes votre propre service comptable, RH et juridique. Les outils modernes (facturation, pré-comptabilité) ont allégé la friction, mais ils n'effacent ni le pilotage, ni la responsabilité, ni la fermeture le jour où vous voudrez passer à autre chose. En portage, cette charge n'existe pas : elle est portée pour vous.
Le client qui paie à 60 jours. En société, le retard de paiement, c'est votre trésorerie qui encaisse le choc. Vous avancez les charges, vous courez après le règlement, vous lissez la tension tout seul. En portage, vous touchez un salaire à date fixe, même si le client tarde : la société de portage absorbe le décalage. Pour beaucoup de seniors, c'est l'argument qui tranche.
L'absence de filet. C'est la différence de nature, pas seulement de degré. EURL, SASU et micro-entreprise ne cotisent pas à l'assurance chômage : si la mission s'arrête, il n'y a pas d'ARE (au mieux l'ATI, une allocation très restrictive et plafonnée). Le portage, parce qu'il repose sur un contrat de travail, ouvre des droits au chômage de plein droit — le filet entre deux missions. Dans un métier où l'on enchaîne les missions, ce filet a une valeur concrète.
La société (EURL/SASU) prend l'avantage quand :
En général, l'arbitrage en faveur de la société devient pertinent à partir d'un certain volume d'activité régulier et d'un TJM élevé tenu sur l'année. À noter : l'EURL peut imposer des cotisations TNS sur la part de dividendes dépassant 10 % du capital, ce qui la distingue fondamentalement de la SASU. Ces arbitrages méritent un vrai calcul personnalisé, pas une règle de pouce.
Le portage salarial prend l'avantage quand :
Beaucoup de consultants utilisent d'ailleurs le portage comme une transition douce, puis basculent en société une fois leur activité parfaitement stabilisée. Les deux ne s'opposent pas dans le temps : ils répondent à des moments différents.
En portage, le seul coût propre au statut, ce sont les frais de gestion. Sur le marché, ils oscillent globalement entre 5 et 10 %, souvent avec des plafonnements, des frais d'entrée ou de sortie, et des coûts cachés sur les frais professionnels. C'est précisément là que la comparaison devient piégeuse : un « petit pourcentage » affiché peut cacher une addition plus salée.
Chez Alpha Conseil, le parti pris est différent et public : 7 % du chiffre d'affaires, sans plafonnement, sans frais d'entrée ni de sortie, sans frais cachés. Un taux unique, lisible, que vous pouvez vérifier vous-même. La transparence n'est pas un argument décoratif : c'est la condition pour qu'un expert averti puisse comparer sereinement.
Voici la bascule, en une image. En portage chez Alpha Conseil :
Vous avez la mission. Nous nous occupons du reste.
Et si, un jour, votre mission se termine : vous n'êtes pas seul à chercher la suivante. C'est tout le sens de la relève — le réseau et le collectif des experts des systèmes critiques prennent le relais, crédibles précisément parce qu'ici vous êtes réellement employé, pas simplement référencé.
Le portage salarial est-il vraiment plus cher que l'EURL ou la SASU ?
Pas mécaniquement. Tout dépend de votre rémunération, du niveau de protection souhaité et des coûts réels de gestion de la société (comptable, assurances, temps passé). Comparer le seul taux de frais à un taux de charges est l'erreur classique : il faut raisonner sur 6 à 12 mois, protection sociale incluse.
Quel statut permet de commencer le plus vite ?
Le portage, sans hésiter : pas de société à créer, vous pouvez facturer votre première mission presque immédiatement.
En portage, est-ce que je perds le contrôle de ma mission ?
Non. Vous trouvez vos clients, vous fixez votre TJM, vous négociez et vous travaillez comme vous l'entendez. La société de portage gère le contrat de prestation et la paie — pas votre métier.
Le portage ouvre-t-il vraiment des droits au chômage ?
Oui, parce que vous êtes salarié avec un contrat de travail. C'est la grande différence avec l'EURL, la SASU et la micro-entreprise, qui n'ouvrent pas l'ARE (seulement l'ATI, très restrictive).
Et la retraite ?
En portage comme en SASU, vous cotisez au régime général et à la complémentaire des cadres (Agirc-Arrco), généralement plus avantageux. En EURL et en micro-entreprise, vous relevez du régime des indépendants.
Puis-je passer du portage à la société plus tard ?
Absolument. Beaucoup de consultants commencent en portage pour se concentrer sur leur activité, puis créent une société quand leur clientèle est stabilisée. L'inverse est aussi vrai : certains reviennent au portage pour retrouver de la sérénité.
Ce guide donne des repères généraux à jour en 2026 ; il ne remplace pas une analyse personnalisée de votre situation fiscale et sociale. Les taux et seuils évoluent — vérifiez les chiffres applicables à votre cas avant toute décision.
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